contexte

[Contexte] 

Contexte institutionnel et territorial 

De par sa position géographique singulière, la Métropole clermontoise peut s’apparenter à un territoire de marge, inscrit entre deux PNR – Les Volcans d’Auvergne et le Livradois-Forez, au contact d’une plaine agricole fertile (la Limagne), qui se pense dorénavant de Vichy à Issoire. Considérons cette position marginale à l’échelle de la France pour ce qu’elle requiert de positif : un territoire autre qui a su garder une identité propre, tout en développant des spécificités économiques reconnues sur le plan international, l’innovation passant à la fois par le maintien et l’augmentation d’apports exogènes (nouvelle population et capitaux) et par une forte dynamique d’adaptation endogène (réseaux informels, associatifs, culture). 

Si Clermont-Ferrand perd, le 16 septembre 2016, son statut de capitale régionale dans les contours géographiques et politiques de la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes, la communauté urbaine - 21 communes rassemblant 290 000 habitants sur 300 km2 - gagne, elle, conjointement le statut de Métropole, le 1er janvier 2018. Ce passage d’un état à un autre constitue un moment charnière dont il semble important de mesurer les conséquences en termes d’images, de gouvernances, de projets. En dehors des logiques de développement spectaculaires opérés par d’autres métropoles françaises plus en vue, ce territoire frugal porteur d’aménités environnementales, qui a su se structurer en puisant pour partie dans les ressources de son hinterland et en privilégiant les circuits courts, affiche des résultats encourageants. Dans tous les cas, cette nouvelle réalité métropolitaine doit s’entendre comme le fruit d’un travail de fonds opéré depuis quelques années sur le territoire, dont l’ambition affichée est d’en rendre plus visibles les projets, pour qu’ils soient reconnus au-delà du périmètre qui les a produit.  

Bien qu’encore pris dans des schémas de représentations - “le rural profond” - qui ne rendent pas compte des ressources existantes (un paysage remarquable récemment labellisé et un foncier peu cher donc très attractif pour les entreprises comme pour les jeunes - étudiants notamment), le territoire métropolitain impulse pourtant une réelle dynamique en matière de politique culturelle, mais aussi d’innovation technologique et industrielle, notamment due à la présence ancienne de multinationales comme Limagrain et Michelin. L’impact de cette dernière entreprise est tel sur le territoire qui l’a vu naître et grandir qu’elle oblige en retour la Ville à s’adapter aux demandes d’une population nouvelle (cité ouvrière devenue ville de cadres) en termes d’aménités environnementales, de programmations culturelles ou encore de qualité d’enseignement. Pour se rendre plus visible, Clermont-Ferrand - “ville-mère” de la métropole - mise désormais sur l’image de la “ville créative et mobile”, donc attractive, ce qui explique pour partie son investissement dans la quête de nombreux labels d’excellence qui tendent à la singulariser vis à vis des trois autres métropoles de la nouvelle région AURA. À distance raisonnée de ces métropoles orientales, les acteurs du territoire clermontois semblent avoir fait le choix de construire une trajectoire métropolitaine singulière et autonome, en gardant à l’esprit ce qui faisait la force de son action en tant que capitale régionale : une visibilité internationale et des relations privilégiées avec ses voisins du proche, villes petites et moyennes inscrites dans des territoires ruraux. 

Reste encore à mesurer si par cette démarche, le territoire clermontois est en capacité de faire métropole, donc à se saisir des processus de métropolisation sans les subir, en ciblant des collaborations privilégiées multi-scalaires à même de rendre son territoire visible et attractif depuis le lointain, mais aussi hospitalier et égalitaire pour ceux qui le parcourent ou le vivent. 

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