faire commun dans les marges

[Faire commun dans les marges]  

comment faire commun dans les marges : autour de la figure métropolitaine du  STRIP 

Référents recherche : David ROBIN / Géraldine TEXIER-RIDEAU 

En prenant appui sur la recherche précédente, il s’agit dorénavant d’explorer une autre figure urbaine orientale, cette fois nord-sud et se développant sur près de 10 kilomètres. Paysage urbain inédit, mal aimé voire ignoré, ce territoire de marges comprend des espaces urbanisés qui côtoient des espaces agricoles enclavés, des pièces boisées, des séquences de rivières canalisées et oubliées, des espaces naturels préservés, des friches industrielles et militaires. Dans ce magma où les pratiques habitantes quotidiennes sont multiples, le Strip constitue une figure identifiable et fédératrice qui, déjà en 1970 retenait l’attention du géographe Pierre Estienne (numéro spécial de la Documentation Française de 1965 co-signée avec Simone Derruau), ce dernier s’inquiétant de la constitution d’un axe scindant l’agglomération mais observait déjà la mutation tertiaire en cours. Connecté à la ligne de tram au nord (Montferrand et Champratel) et au sud (Fontaine du Bac), le Strip serait-il devenu de fait la nouvelle avenue de la République des XXe et XXIe siècles ? Les projections du PDU 2025 qui identifie le Strip comme support d’une ligne express nommée « RER clermontois » tend à valider cette hypothèse d’un axe structurant objet d’une reconquête urbaine. Alors que le destin de Clermont-Ferrand se joue dorénavant à l’échelle du Grand Clermont voire d’une Métropole flirtant avec les rives de l’Allier et associant les villes de Vichy et Brioude, ce large couloir économique hyper-connecté et hyper-connectant concentrant sur près de 1.300 hectares près des deux-tiers des emplois n’est-il pas de-facto le nouveau cœur métropolitain ?  

objectifs 

Il s’agit d’œuvrer à la reconnaissance du STRIP comme figure fondatrice d’un cœur métropolitain amplifié, de mesurer sa capacité à se transformer par les espaces libres, les bords de route, les reliquats de voirie. L’objectif est de mettre en débat le potentiel d’urbanité des marges et la capacité de la Métropole clermontoise à construire un projet collectif et inclusif favorisant la reconnaissance de la marge comme bien commun nécessaire à la fabrication d’un territoire public. Quelles stratégies sont-elles mises en œuvre pour mobiliser et intégrer tout à la fois les espaces et les individus, aptes à fabriquer ce territoire métropolitain au-delà du cœur consolidé ? Comment les reliquats paysagers encore cultivés ou anthropisés, les délaissés et les espaces en attente dessinent-ils en creux un potentiel territoire public à investir ? Comment structurent-ils un territoire public comme les espaces publics de la ville traditionnelle parvenaient hier à conditionner et pérenniser les formes urbaines produites ? 

modalités de travail 

Il convient ici d’inventorier, de décrire, de relever, de cartographier les espaces ouverts ou qui pourraient l’être, les reliquats de voirie, d’ouvrir par la marche des chemins inhabituels et inexplorés, de se décaler et d’investir les coulisses. Les anciens tracés (chemins vicinaux), des ruisseaux, le parcellaire en lanières hérité des pratiques agricoles, en partie effacés par la figure du strip et l’urbanisation commerciale qui l’accompagne, restent cependant partiellement perceptibles : leur révélation constitue sans doute un enjeu de transversalités pour contrarier le modèle et participer à sa transformation. Où sont et que sont les espaces publics des marges métropolitaines, où se joue la représentation publique ? Comment passe-t-on d’un cœur métropolitain à l’autre, ou plutôt d’un cœur urbain à un cœur métropolitain ?   

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