Combien de barreaux sur un tronçon de la ligne de chemin de fer ?

Combien de barreaux sur un tronçon de la ligne de chemin de fer ? 

 _ 
 
En cours

Voyage initiatique #5 

QUANTITATIF 

& 

QUALITATIF

Claire Nicolet est en résidence à la villa Sabourin, pour une exploration métropolitaine conduisant à la fabrication d’une marche publique en lien avec les termes Qualitatif et Quantitatif.  

"La démarche de Claire Nicolet s’inscrit irrémédiablement dans son quotidien et prend racine aux cours de ses ballades qu’elles soient urbaines ou en rase campagne. « Je marche beaucoup et en marchant, je pense. J'écris sur la lumière, je réalise des continuums de dessins pour rendre compte de ma perception de la traversée. Dans la déambulation, on est sans cesse assailli par toutes sortes d'informations et c’est ce que je m’attache à retranscrire. » 

Qualifiant son travail de « pan-vitaliste » et se nourrissant de ses lectures à la croisée de Rimbaud, Baudelaire, de la Beat Generation ou de la Trilogie new-yorkaise de Paul Auster, elle emploie un vocabulaire graphique qui se matérialise par des changements de couleurs, de formes et d’échelles. Construit simultanément comme un tout-cohérant, l’œuvre poétique de Claire Nicolet s’exprime sur de multiples supports : grands dessins silencieux en couleurs, petits dessins bavards, sculptures en bois, objets divers. « Mes dessins sont la résultante des volumes, des compositions que je fais dans l'espace. En fait, je pars du réel et j'abstractise. »  

Une production hétéroclite que l’on retrouve dans une bande-dessinée baptisée Tout est dans tout où se déroule une « histoire sans histoire » entre cartographies mentales et mémoires d’espaces. Elle se concrétise également par des installations composées d’accumulations lentes, de deux-trois ans, comme de la houille ramassée sur la plage, des pépins de pommes précieusement conservés ou encore des tickets de métro savamment récoltés. Présentées en constellation, ces pièces s’imbriquent et se font écho, témoignant d’un rapport contemplatif au monde teinté d’une grande sensibilité."

Pauline Weber

Note d’intention : 

La marche, depuis quelques années, nourrit ma démarche artistique. C'est en déambulant à pied que j'ai développé une manière de regarder. 

La pensée, l'observation et le mouvement (qui relie temps et espace) sont indissociables et engendre une relation entre l'être et le territoire. C'est le trinôme qui permet le jaillissement des idées. 

Voici comment j'interprète Quantitatif/Qualitatif. 

Le quantitatif, c'est l'ensemble des données réelles, quantifiables, combien de barreaux sur un tronçon de la ligne de chemin de fer, quels types de bâtiments sur le parcours et quelles fonctions, quelle végétation, quelle distance parcourue, etc. 

Le qualitatif, c'est l'expérience esthétique, la perception du territoire. Ces données là sont davantage personnelles et subjectives : "les unités d'ambiance" (pour reprendre l'expression de Debord) ; la météo ; l'état d'esprit du marcheur ; les connotations ; la musique écoutée en chemin etc. Un ensemble d'éléments psychogéographiques qui conduiront peut-être à une illumination. 

Je suis tentée de rapprocher cette dichotomie Quantitatif/Qualitatif du Strié/Lisse de Deleuze et Guattari. Pour simplifier, l'espace strié est régi par un ensemble de lois et de règles tandis que le lisse est un espace de liberté et d'émancipation.  

Pour donner forme à l'expérience, il s'agit de compiler un ensemble de textes et de dessins relatifs à la marche en question, mais aussi nourris par des éléments annexes qui pourraient découler de la dérive engendrée à la fois par la pratique de la déambulation et ce type de recherche. Pour supports : un album japonais (leporello), un registre de comptes, des papiers blancs, quadrillés...

This is a unique website which will require a more modern browser to work!

Please upgrade today!