Fictionner et frictionner l’oxymore

Fictionner et frictionner l’oxymore

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En cours 

Voyage initiatique #4 

NATURE

& 

CULTURE

Dimitri Szuter & Laurence Falzon sont en résidence à la villa Sabourin, pour une exploration métropolitaine conduisant à la fabrication d’une marche publique en lien avec les termes Nature et Culture 

Dimitri Szuter est architecte DE, diplômé de l’ENSA Paris-La-Villette en 2015, il est aussi danseur et performeur. Il termine un doctorat en architecture (5e année) à Paris 8 - Pratiques et Théories du Sens, en co-direction avec Xavier Bonnaud (ENSAPLV) et Éric Le Coguiec (ULiège). Il est fondateur du laboratoire/groupe d’intervention de Re-search By Design P.E.R.F.O.R.M! et travaille avec le Theatrum Mundi (fondé par Richard Sennett) depuis 2019 dans le cadre d’un contrat de recherche sur le projet Voi[e.x.s]. L’enjeu de la mission est de questionner, d’un point de vue conceptuel et sociologique, le rôle de la performance artistique dans le processus de transformation urbaine d’une friche ferroviaire en parc urbain (Paris 18e). Comment la performance participe-t-elle à l’émergence et à la réception d’un tel projet de transformation ? Il est également membre du comité technique d’EUROPAN EUROPE depuis 2017 et a été enseignant contractuel à l’ENSAPLV de 2016 à 2020 (contrat MCC).  

Plasticienne, scénographe et architecte, Laurence Falzon est attachée avant tout aux pratiques de « territoires ». Son travail naît dans et avec les lieux. Le contexte guide son œuvre, il modèle un dialogue entre sujet, objet, fiction, intervention. Chaque projet est pour elle une histoire locale, une aventure qui se construit in situ avec les ressources environnantes. La dimension du vivant, du processus, l’authenticité de l’expérience vécue, du « faire ensemble », le temps de la réalisation de l’œuvre appartiennent à ses créations, scénarios spatiaux hybrides, que l’on pourrait recouvrer sous le genre de « Réalisme Imaginaire ». Elle mène des expérimentations au sein de l’association Traxce dont elle est fondatrice et développe sa pratique professionnelle de scénographie avec le Studio Ad Hoc dont elle est associée fondatrice. Laurence Falzon est par ailleurs très engagée dans l’enseignement, à l’ENSA Paris La Villette depuis 2011, depuis 2000 au département Théâtre de l’université Paris 8 - UFR Arts, Esthétiques et Philosophie et à l’ENSA Beaux-Arts de Lyon depuis 2019.  

Note d’intention : 

Clermont-Ferrand Métropole ; à l’ouest de la ville, la fin de l’urbanisation, stoppée par la faille de Limagne. Un phénomène géologique - infra - qui a donné naissance au paysage accidenté des marges urbaines à l’ouest et au territoire habité par trois communes limitrophes : Durtol, Chamalières et Royat. Cette faille, connectée à l’apparition géologique et volcanique de la Chaîne des Puys, classée désormais au patrimoine mondial de l’UNESCO, a formé un territoire au relief singulier : c’est notre terrain d’arpentage. De part et d’autre de la faille, des puys et des collines tantôt colonisées par une nappe pavillonnaire, tantôt laissée à la nature, nous offrent de multiples opportunités d’appréhender le territoire par le haut. Nous sommes d’abord partis en quête de ces points de vue, afin de mieux comprendre le paysage, pour mieux nous y projeter avant de replonger en immersion dans ses marges, dans ses recoins, à la découverte de ses spécificités. Nous avons sillonné les crêtes, micro-vallées et bassins, traversées par des ruisseaux souvent recouverts partiellement et parsemés de systèmes hydriques - bassins d’orages - qui peuplent le territoire sans que l’on y prête attention. De multiples infrastructures et autres formes d’interventions humaines “anthropiques” ont progressivement sculpté ce paysage accidenté pour mieux l’habiter, le domestiquer, l’épouser. En parcourant ce secteur, nous avons découvert un théâtre à ciel ouvert, mettant en scène différents registres de rapports et de relations entre nature et culture, comme autant d’accroches potentielles pour la mise en récit du territoire. Le point de vue, origine de nos explorations, forme déjà en soi une première source éminemment culturelle de représentation de ce rapport. Ainsi et depuis l’immersion, nous jouissions tantôt avec les habitants rencontrés d’une proximité inédite avec la nature, d’une tentative de rapprochement, ou de domestication douce, pour mieux nous nourrir d’elle dans tous les sens du terme. Parfois nous découvrions avec stupéfaction les dérives de l’activité humaine, les traces et cicatrices qui ont provoqué l’entropie au sein des milieux, entraînant la création de désordres et précipitant une certaine forme de chaos. Nous avons donc identifié des sites “immersifs” dans le territoire qui représentent différents registres d’opportunités dialogiques entre nature et culture, sur une échelle de gradation entre la symbiose et la rupture. Ces tensions, rapports, relations qui émergent des sites choisis sont parfois difficilement perceptibles, tout en pré-xistant, à émissions faibles. Nous souhaitons créer, à partir de ces sites, des situations d’amplifications de ces rapports, pour mieux les révéler, les représenter, pour mieux raconter le territoire par le prisme de ces relations. À partir de nos pratiques d’interventions “performatives”, nous produisons alors un récit des lieux en décalage, empruntant le registre du “réalisme imaginaire” pour représenter de manière fictionnelle et frictionnelle, des sujets de fonds sur lesquels il nous faut encore parler.

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